Hoye aux Instants Chavirés, à Montreuil

hoye

Trois personnages montent sur scène. Chacun prend sa place, aux cotés d’un grand écran situé au milieu du plateau. Les lumières se baissent. Un archet glisse sur une corde de guitare, et c’est parti ! Hoye, c’est le nom de la formation réunissant Vincent Fortemps au dessin (système cinémécanique*), Jean-François Pauvros à la guitare électrique  et Alain Mahé aux machines à son.

Hoye, c’est un combat dans la matière, c’est la trace déroutante que laisse pour un instant le mouvement de la lumière et du son. Le spectateur plonge pendant près d’une heure dans un univers en noir et blanc (gris aussi et surtout). Une suite de formes éphémères qui s’ébauchent, évoluent et aussitôt s’échappent. Souvent énigmatiques et à peine esquissés, les traits et les notes laissent une grande place à l’imagination.

Le trio livre au spectateur un univers visuel et sonore intense et sombre, entrecoupé par des éclaircies de lumière et des amorces de mélodies. Devant l’ écran , chacun se mêle de ce que regardent l’autre et l’autre, de ce qu’ils s’écoutent, tous s’entraînent intuitivement. L’un fait tourner la poulie du voisin, l’autre change les rails de voie, un dernier les replace et l’assemblage avance. Les sons bougent, courent dans les noirs agités vers les doigts brûlants de matière, mémoire d’une image noyée dans le mouvement de la lumière.

C’est organique, sans doute,  pas de schéma, peut-être une explication.

Hoye est un chevalement primitif qui bouge étrangement, en grattant sans rappel, sans feuille de route. Fortemps, Pauvros et Mahé ont jeté leur casque dans le vide. Après tout, un glissement, une chute, ça se dessine, ça s’écoute dans le fracas.
Vertiges de feuilles mortes et de fruits mûrs, Hoye avance jusque-là où seuls, ni Fortemps, ni Pauvros, ni Mahé, ne sont allés.

Doigts noirs, doigts nerveux, la matière de l’inquiétude.

* La Cinémécanique est une machine inventée par Christian Dubet et Vincent Fortemps, en octobre 2001 dans les locaux de la Fonderie du Mans, permettant la création d’images, en mouvement et en temps réel, par le biais de procédés mécaniques associant le dessin, la lumière et un capteur vidéo..

Vincent Fortemps / FRMK (Belgique) a commencé à travailler de la sorte en 2002. C’est un peu le “principe du cinéma, de l’animation, mais sans pellicule”. Une évolution de son travail en bande dessinée, qui en reste stylistiquement proche. Il dessine sur une feuille plastique transparente, surface qui se laisse attaquer, graver, recouvrir d’encre, nettoyer, et encore recouvrir d’encre… Une caméra placée sous sa table de travail en verre envoie les images sur  un écran.  Au même instant, des micros captent les bruits de la performance :  des griffes, du frottage .

Alain Mahé (France)
Saxophoniste tenor, compositeur. Il développe des musiques électroacoustiques, électroniques, instrumentales et improvisées. Il a notamment collaboré avec Ko Murobushi, Nan Goldin, Miquel Barcelo, Josef Nadj, François Verret, François Tanguy, Carlotta Ikéda, Pierre Meunier, Kaye Mortley…

Jean-François Pauvros (France)
précurseur de la guitare noise en France, il développe un univers qui l’amène à rencontrer les piliers de la scène d’improvisation anglaise : Evan Parker, Terry Day, Tony Hymas. Acteur du nomadisme musical il collabore avec les éxpérimentateurs Arto Lindsay et Sonic Youth. Il compose des musiques de film.

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